Escarres et cicatrisation : l'apport des huiles essentielles

Escarres et cicatrisation : l'apport des huiles essentielles

L'aromathérapie, alliée précieuse de l'infirmerie ! L'aromathérapie, alliée précieuse de l'infirmerie ! Les escarres sont des plaies très problématiques pour les équipes soignantes. Les soins sont longs et lents, et il n'est pas toujours évident d'obtenir un rétablissement. Les huiles essentielles sont utilisées depuis plusieurs années dans le cadre du traitement des plaies (cliquez pour relire ce que nous vous en disions déjà sur ce blog en 2011). Plusieurs études publiées font état de résultats très positifs. Dans cet article, nous vous proposons de découvrir les résultats d'une thèse basée sur un traitement à base d'huiles essentielles de ciste, de myrrhe, d'immortelle et de miel... L'occasion de vous inspirer d'un cas clinique pour prendre soin avec Pranarôm vos petites plaies, voire vos plaies plus importantes, et surtout aussi vos cicatrices récentes...

Escarres. De quoi parle-t-on ?

Une escarre est une zone localisée de souffrance de la peau et des tissus sous-jacents, causée par la pression, le cisaillement et le frottement ou une combinaison de ces différents facteurs. Ce sont des blessures qui se développent quand quelqu'un est confiné à un lit ou une chaise pendant de longues périodes. Une escarre se produit généralement chez les personnes âgées (peau plus fine et plus sensible) à un endroit précis tels que le sacrum (haut des fesses), les ischions (bas des fesses), les trochanters (hanche), les malléoles (pied) mais aussi la colonne vertébrale, les coudes, les genoux, les épaules et même le dos des oreilles... Les escarres engendrent des souffrances et un coût social, bien que mal évalués, considérables. Il existe peu de faits démontrés en matière de traitement de l'escarre mais plutôt des avis d'expert. Le traitement général comprend la mise en décharge de la plaie et la prévention d'autres escarres.

Un cas clinique à la loupe.

Le cas clinique1 présenté ici est extrait de la thèse de Florence Mayer présentée et soutenue publiquement le 30 mars 2012 pour obtenir le Diplôme d'Etat de Docteur en Pharmacie à l’université de Lorraine, France. Après discussion de l’impact de l’utilisation des huiles essentielles (HE) dans des maisons de retraite, Florence Mayer1 a exposé la mise en place de l’utilisation des protocoles thérapeutiques dans une maison de retraite pour traiter deux cas cliniques d’escarres (escarre sacro-coccygien et escarre du talon) avec des traitements à base d’HE et du miel. Plusieurs protocoles d’aromathérapie ont été instaurés dans cette maison nancéenne en collaboration avec le pharmacien aromatologue Dr François Tournay. Ils sont utilisés en thérapeutique en complément ou en relais aux méthodes traditionnelles de soin1. Nous rapportons ici le cas clinique d’escarre sacro-coccygien de Madame D.   L’escarre de Mme D. est située au niveau du sacrum, la plaie est assez profonde et elle est constituée de fibrine (protéine élastique insoluble contenue dans le plasma sanguin dont le rôle est de permettre la coagulation sanguine). Le traitement débute par un nettoyage au sérum physiologique pour enlever la fibrine et faciliter le bourgeonnement. Ensuite, on applique au niveau de la plaie, sous une compresse, un premier complexe (HE/Miel), composé d’une synergie d’HE de Cistus ladaniferus (voir le ciste ladanifère), d’Helichrysum italicum (voir l'immortelle) et de Commiphora myrrha (la myrrhe) à 1% et du miel de Thym biologique à 99%. Le pansement est renouvelé plusieurs fois par semaine selon l’évolution de la plaie. L’auteur rappelle que dans ce type de protocole, il y a toujours une phase d’adaptation de la plaie. Pendant une à deux semaines, la plaie donne l’impression de ne plus évoluer. De plus, le patient peut ressentir comme une brûlure qui correspond à la phase de bourgeonnement de l’escarre. Trois mois après le début de traitement (Fig.2), les résultats sont impressionnants: les douleurs s’estompent, les inflammations disparaissent, la plaie se referme et la peau de la patiente commence à prendre sa couleur naturelle. A partir de ce stade d’évolution de la plaie, un deuxième complexe (HE/Miel), composé d’une synergie d’HE cicatrisantes (comme Cistus ladaniferus et de Commiphora myrrha à 20%) et anti-infectieuses (comme Cinnamomum camphora CT 1,8-cinéole à 20%) et du miel à 60%, est utilisé. Il s’applique au niveau de la plaie mais également autour pour permettre un environnement sain pour la reconstruction tissulaire de l’escarre.   En troisième étape, l’auteur propose d’appliquer de l’huile végétale de noyaux d’abricot une fois par jour. Elle permettra une bonne nutrition de la peau. L’auteur conclut en affirmant que l’aromathérapie a montré ses avantages et ses limites à travers les différents exemples dans sa thèse. les HE sont utilisées dans de nombreux domaines, mais elles sont particulièrement intéressantes par leurs propriétés anti-infectieuses et cicatrisantes très significatives en dermatologie Références: 1Mayer F. (2012). Utilisations thérapeutiques des huiles essentielles : Etude de cas en maison de retraite. Université de Lorraine. 2Senet P. and Meaume S. (2005). Escarres. Accès URL: http://www.therapeutique-dermatologique.org/spip.php?article1108 3Comprendre les escarres. Accès URL: http://www.chu-brugmann.be/fr/edu/decubitus/origin.asp